Le diaporama sur la bataille de Verdun

Voici un diaporama sur La Bataille de Verdun (21 février 1916 – 15 décembre 1916) réalisé par Hubert Tassel en 2016.

Il a été présenté dans huit communes des Alpes du Sud à l’occasion de la commémoration du Centenaire de la bataille mythique et emblématique de Verdun qui a duré près de dix mois en 1916.

Remarque :

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La bataille de Verdun (21 février 19216 – 15 décembre 1916)
 

Diapo 1 : La bataille de Verdun, c’est l’événement majeur de l’année 1916, bataille beaucoup plus importante que la bataille de la Somme qui a fait pourtant plus de morts : un million d’hommes contre 700 000 pertes humaines pour Verdun.

Verdun, c’est dix mois d’une lutte meurtrière devenue la bataille la plus inhumaine de toute la Grande Guerre : violence des combats, souffrances inouïes des soldats sur un terrain relativement restreint, bouleversé en enfer.

Symbole mythique et emblématique de la première guerre mondiale, elle a fasciné et fascine toujours le pays, notre nation lorsque l’on constate avec quel engouement notre pays a su avec dignité, commémorer cette année, le Centenaire et elle revêt encore aujourd’hui un statut exceptionnel dans la mémoire française.

Pourquoi cette fascination ? Sans doute qu’il nous faut en trouver la raison dans le fait que la majeure partie de l’armée française s’en est allée gravir les pentes et les ravins boueux de Verdun avec un esprit de sacrifice incroyable afin d’empêcher les Allemands de prendre Verdun et, au-delà, vaincre la Patrie en atteignant Paris.

Et, par conséquent, chaque famille française a un parent, un grand parent qui a connu la guerre à Verdun.

Aussi un siècle après, il était bon de redécouvrir les péripéties de cette exceptionnelle bataille, et ainsi de rendre hommage à tous les « Poilus » de Verdun !

C’est ce que je me propose de le faire, au travers de ce diaporama, véritable récit..

Diapo 2 : Plan du récit.

1 : Une présentation géographique de la région de Verdun,

2 : Un peu d’histoire,

3 : Pourquoi les Allemands veulent-ils attaquer Verdun,

4 : Le déroulement de la bataille :

L’attaque initiale du 21 au 25 février,

Les préparatifs allemands et la situation au 21 février 1916,

L’attaque du Bois des Caures,

La chute du fort de Douaumont,

Les combats sur les ailes en mars et avril,

La bataille d’usure de mai à août 1916 :

La perte du fort de Vaux et l’extrême avance allemande,

Les retours offensifs et le dégagement de Verdun,

 5 : Le bilan humain des deux Nations,

6 : Le bilan au niveau des Basses-Alpes et de l’Ubaye,

7 : Une conclusion…

Diapo 3 : Rappel relatif à la composition des unités.

Avant de commencer, un rappel s’impose sur la composition de nos unités.

Ø Le corps d’armée : Le corps d’armée en 1914 est composé d’un état-major (60 officiers), de deux divisions et afin qu’il fonctionne dans tous les domaines, il dispose d’un régiment d’artillerie, du service du génie, du service de santé et du train des équipages chargé de la logistique.

Un CA, c’est finalement 45 000 hommes ou 28 bataillons. Il lui faut 45 kilomètres pour se déplacer en colonne.

Ø La division : Une division commandée par un général est articulé en deux brigades, chaque brigade comportant deux régiments. Ce sont en tout 15 000 hommes dont 380 officiers, 3 000 chevaux et 500 voitures : c’est un convoi de 15 km de long qui comporte en supplément un escadron de cavalerie, une brigade d’artillerie divisionnaire à deux régiments à trois groupes de 3 batteries à 4 canons de 75 = 36 canons et enfin une compagnie de génie, le service de santé (ambulances avec médecins et infirmiers) et le train des équipages.

Ø La brigade à 7 500 hommes est composée de deux régiments.

Ø Le régiment : Un régiment, c’est 3 250 hommes (dont 120 officiers) articulé en trois bataillons.

Ø Le bataillon : Chaque bataillon de 1024 hommes se compose de quatre compagnies et chaque compagnie de 256 hommes est, à son tour, composée de quatre sections.

Ø La compagnie : La compagnie, commandée par un capitaine, est répartie en quatre sections. Son effectif comprend le capitaine, 3 lieutenants, un sous-lieutenant ou un adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 1 sergent fourrier, 8 sergents, 1 caporal fourrier, 16 caporaux, 2 tambours, 2 clairons, 1 infirmier, 4 brancardiers, 1 tailleur, 1 cordonnier, 1 cycliste, 3 conducteur et 210 soldats = 256 hommes.

Ø La section : La section commandée par un lieutenant (ou un sous-lieutenant, ou un adjudant) se décompose en quatre escouades soit 68 fusils. Il existait également deux ou trois sections de deux mitrailleuses, soit au maximum six mitrailleuses équipées de la mitrailleuse modèle 1907 de Saint-Étienne.

Ø L’escouade : L’escouade, ce sont 15 soldats placés sous le commandement d’un caporal forment une escouade.

Diapo 4 : La présentation géographique.

Située entre Reims et Metz, au sud des Ardennes, Verdun se trouve dans une large vallée de 30 km de large sur 40 km de profondeur parcourue par la Meuse et ses méandres, méandres bordés de prairies marécageuses souvent recouvertes par les inondations en hiver. C’est le cas en décembre 1915. À l’ouest, la vallée est limitée par le massif boisé de l’Argonne et est dominée en rive droite par les hauteurs des côtes de Meuse orientées nord-ouest et sud-est.

Celles-ci sont prolongées au nord par la cote du Talou que la Meuse est obligée de contourner formant ainsi une cuvette dans laquelle la ville se loge. Verdun, organisée tout autour de la célèbre citadelle construite sur un éperon calcaire, est partout ceinturée, sauf au sud, par de nombreux bois qui deviendront célèbres : le Bois d’Avocourt de Malancourt à l’ouest, le bois des Corbeaux et le bois de Forges au centre et vers l’est, à droite de la Meuse, Le Bois d’Haumont et le Bois des Caures. Et plus loin, le Bois de Consenvoye et celui de Spincourt au contact de la ligne de front allemande.

Ces côtes de Meuse sont une véritable barrière culminant à 388 m à Douaumont dominant de 150 m la plaine de Woëvre à l’est. Cette barrière, au relief tourmenté, couverte de forêts est coupée de ravins. Le long de la Meuse, les pentes allant vers la crête de Douaumont sont fortes mais sont plus douces au-delà avant d’atteindre la plaine de Woëvre et sont parsemées par quelques cultures et vergers qui se mêlent aux forêts.

En rive gauche, les bois sont dominés par une série de contreforts, comme le Mort-Homme, le mamelon de la cote 304 et la butte de Vauquois à l’extrême ouest, largement étalés que des ruisseaux compartimentent. On y note la présence de nombreux champs de céréales ou des cultures maraîchères qui pourraient favoriser toute progression pouvant être cependant freinée par le soudain obstacle que présente les bois comme l’imposante forêt de Hesse.

La frontière avec l’Allemagne de la Lorraine annexée est à peine à 45 km à l’est. Le sol est plutôt argileux : sous 40 à 50 cm de terre, on trouve la roche.

Diapo 5 : Un peu d’histoire.

Verdun, lieu hautement symbolique, fait partie des trois évêchés avec Metz et Toul, aux avant-postes du royaume des Lys face à la maison d’Autriche, villes érigées en forteresse par Vauban.

Jadis, c’était la ville du partage, en 843, de l’empire carolingien entre les petits-fils de Charlemagne qui répartit l’Europe de l’ouest en trois entités distinctes : La France Occidentale en bleu à Charles le Chauve, la France orientale allemande à Louis le Germanique en brun, initiant plus d’un millénaire de querelles au sujet de la mainmise sur le troisième royaume central en vert, la Lotharingie de Lothaire.

Un millénaire après, la ville est assiégée et prise par les Prussiens en septembre 1792.

Après la capitulation de la ville, malgré une résistance mémorable, en novembre 1870 suivi du traité de Francfort du 10 mai 1871 qui annexe l’Alsace et la Moselle à l’Allemagne, les gouvernants de la IIIe République décident de renforcer la fortification de la ville.

C’est le général Séré de Rivière qui en est le chef d’orchestre. Verdun, ainsi entouré de forts, a la mission de barrer la route de Paris. On comptabilise une quarantaine de forts ou d’ouvrages construits dès 1874 dont 28 plus importants qui, en 1916, ne participeront pas à la bataille, excepté Douaumont, Vaux, Souville, Tavannes et Froideterre en rive droite et le fort de la Marre et celui du Bois bourru en rive gauche.

Ces forts se répartissent en deux réseaux : un réseau rapproché et un réseau externe. Ce rappel de l’histoire de Verdun atteste que la cité n’est pas méconnue par les Français.

Diapo 6 : Le front de Verdun en 1914 et en 1915.

Tout d’abord une remarque : Les forces allemandes et actions allemandes sur les cartes sont en bleu et celles des forces françaises sont en rouge.

Au début de la guerre, après la bataille des frontières d’août et de septembre 1914, pendant la bataille de la Marne, la 3e armée du général Sarrail ralentit la progression allemande dans la forêt de l’Argonne, s’appuyant sur la défense fixe de Verdun, puis défend à tout prix ce secteur encerclé et le conserve, interdisant ainsi la route de Bar-le-Duc au Kronprinz (fils aîné de l’empereur Guillaume II). De nombreux Bas-Alpins tombent durant ces premiers combats, notamment le 20 septembre autour de Béthincourt.

La butte de Vauquois, à l’ouest, est attaquée sans succès par les Français et la lutte, pour conquérir cet excellent observatoire, se poursuivra par une impitoyable guerre de mines souterraine jusqu’en 1918. On y construira jusqu’à 38 km de galeries étagées en profondeur des deux côtés.

À la mi-septembre, les Allemands poussent à partir de la plaine de Woëvre vers le sud-est. Un cafouillage mettant en cause l’attitude du 8e CA (corps d’armée), se repliant à tort, Clic 4 : les Allemands en profitent pour prendre pied sur les Hauts de Meuse à Vigneules, le 25 septembre 1914, puis traversent la Meuse uniquement défendue par des territoriaux et commencent à remonter par la vallée de l’Aire.

Heureusement que le 16e corps d’armée, constitué de vignerons de l’Hérault et de montagnards cévenols du général Taverna, parti de Nancy, bouscule l’ennemi dans les faubourgs de Saint-Mihiel mais n’arrive pas à le faire retraverser la Meuse. Le saillant est définitivement formé et cette partie de front, stable jusqu’en 1917, passe par Apremont, Flirey, le Bois le Prêtre.

Au nord-est, de nombreux combats devenus célèbres par l’ouvrage de Maurice Genevoix « Ceux de 1914 » opposent les belligérants sur la crête des Éparges tenue par les Allemands depuis septembre 1914. Cet endroit sera continuellement l’objet de séries d’inutiles attaques et de meurtrières contrattaques, notamment en vue de conserver l’excellent observatoire du point X !

Diapo 7 : photo du point X en 2016.

Diapo 8 : Pourquoi Attaquer Verdun en 1916 ?

En 1915, la guerre que l’on croyait courte devient longue. En hiver 1915, l’état-major allemand commandé par le général Von Falkenhayn estime que leurs succès à l’Est, face aux Russes, permet à l’armée allemande d’accentuer une pression sur le front occidental.

Le patriotisme allemand s’effiloche : les pertes sont énormes, l’arrière subit de plein fouet le blocus économique et la confiance envers l’Empereur et le commandement faiblit. Il faut étouffer les contestations internes et dissiper le doute allemand par une imposante et rapide victoire.

Le chef d’état-major général des armées allemandes, le général Von Falkenhayn, veut alors amener l’armée française dans un combat d’usure la mettant à bout de ses ressources humaines et morales. Il veut « moudre l’armée française dans le moulin de la Meuse ». Il s’agit de faire passer sous le « hachoir » les réserves françaises qui seront laminées, rendues « molles comme pâte » par le « Trommelfeuer – tonnerre de feu » de l’artillerie dont la supériorité était initialement écrasante. L’opération dite « Gericht » ou « jugement » menée à bien doit obliger la France nettement affaiblie à demander l’arrêt des combats. Elle est confiée à la 5e armée dirigée par le Kronprinz, son état-major étant commandé par le général Knobelsdorf. Lui et Falkenhayn, camarades de promotion, ne s’entendent pas.

Verdun, c’est aussi un symbole fort : la ville est historiquement connue en France et sa perte aurait un retentissement indéniable sur le moral de la Nation. Et ce symbole emporte la décision sur le choix de délaisser une attaque sur Belfort également étudiée. Pour les Français, perdre Verdun, ce boulevard de la France, c’est une catastrophe et c’est la ruée vers Paris possible.

La zone étant boisée, on peut escompter de l’effet de surprise et les préparatifs sont difficilement décelables. Ensuite, l’acheminement de la logistique y est aisé. Si l’interrogation de prisonniers a permis d’envisager la proximité de cette attaque et si le député de Nancy, le lieutenant-colonel Driant a tenté en vain d’alerter le haut commandement sur la perspective d’une proche attaque allemande, ce projet a été ignoré par le haut commandement français.

Gênée par la présence de la Meuse, la défense de cette cuvette par l’armée française ne pourra être que difficile d’autant plus que nous sommes dos à la rivière.

Enfin, les forts sont dégarnis depuis un décret du 4 août 1915. On s’était aperçu que les forts de Liège avaient été détruits par les canons de 305 autrichiens et les 420 allemands et en raison de cette puissance de l’artillerie moderne, les forts sont voués à une destruction certaine. En outre, on avait besoin de canons en Champagne. Au 15 octobre 1915, une cinquantaine de batteries sont retirées. Cette erreur de jugement nous pénalisera.

Le site de Verdun est particulièrement choisi car c’est une position stratégique allemande importante. Le bassin industriel de Briey n’est pas loin (il faut le protéger !), idem pour le nœud ferroviaire de Metz. Les voies ferrées alimentant les forces allemandes du Nord, passant principalement par Longuyon et Mézières ne sont qu’à environ 40 km de Verdun.

Diapo 9 :  carte du front avec le saillant de Verdun. Comme on le voit sur cette carte, c’est le seul saillant enfoncé dans les lignes allemandes qui menace leurs voies de communication..

Diapo 10 : Les préparatifs allemands.

Les préparatifs allemands sont minutieux. Les Allemands s’appuient sur un important système logistique grâce à la présence d’un réseau de 14 voies ferrées, reliant soit le bassin de Briey soit celui de Metz. Ces voies ferrées arrivent à 500 m derrière les premières lignes. Des centrales de fabrication de béton sont cachées dans les forêts. On amène l’eau sous canalisation au plus près : on construit des abris et des blockhaus en béton dont les fameux « Stollen » ou galeries améliorant le confort avec latrines, cuisines, électricité et magasins divers.

Diapo 11 : Les préparatifs allemands sur le terrain.

Fin décembre 1915, les futures positions de batteries et les dépôts de munitions sont peu à peu aménagées.

Les pièces d’artillerie sont ensuite mises discrètement en place. En outre, on faisait croire par le moyen d’agents secrets qu’attaquer sur Verdun n’était qu’une feinte, le véritable objectif étant plutôt Belfort où le Kronprinz se rend souvent dans cette région. Afin d’augmenter le doute sur les intentions allemandes, ils ont également simulé une attaque massive dans le nord de la France.

Les quatre corps d’armée allemands, prévus pour l’attaque initiale, sont amenés progressivement en janvier 1916 et tout est prêt au 10 janvier.

Le général Von Falkenhayn vient lui-même inspecter la préparation allemande. On va même détruire tous les clochers des villages, afin qu’ils ne servent plus de points de repère à l’artillerie française. Toutes ces mesures pourtant décelables n’alertent pas le commandement français. Et c’est ce que l’on reprochera à Joffre.

Diapo 12 : L’artillerie allemande.

Ce sont 1 225 pièces d’artillerie qui sont installées dont 542 obusiers lourds soit pratiquement une pièce lourde d’artillerie tous les 150 m, voire un canon tous les 10 mètres, sans oublier le canon de 77 mm, et les obusiers Krupp de 420 mm, ainsi que des canons austro-hongrois Skoda de 305 mm, puis des pièces marines de 380 mm sur voie ferrée, légèrement en arrière.

15 000 prisonniers russes encadrés par 20 compagnies de génie ont aménagé le terrain afin de recevoir les pièces d’artillerie.

En un mois, 213 trains ont acheminés 2 500 000 obus. Puis, après l’attaque initiale, 34 trains continuent journellement à alimenter cette artillerie. La puissance de ces feux est telle qu’en cinq jours, le Kronprinz est persuadé que les drapeaux allemands iront défiler à Verdun !

Diapo 13 : l’infanterie allemande.

Tous ces préparatifs sont pourtant connus du 2e bureau français (bureau chargé du renseignement) depuis la mi-janvier 1916. Le commandant Ladoux du service de renseignement fait un rapport complet sur l’imminence de l’attaque au colonel Dupont, chef du 2e bureau. En haut lieu, personne ne veut le croire. Pétain écrit : « du 18 février au 21 février, les renseignements étaient tellement contradictoires que notre haut-commandement en arrivait finalement à se demander si l’activité allemande ne se réveillerait pas à l’Est plutôt qu’à l’Ouest ». Aucune réaction n’est hélas envisagée.

600 000 hommes sont massés dans la région. Au 20 février, les quatre corps d’armée avec 17 divisions étaient en place de l’ouest vers l’est avec 7 autres DI en réserve sous les ordres du Kronprinz.

Diapo 14 : l’artillerie française.

Nous n’avions que près de 300 canons dont 163 canons lourds. En plus de notre fameux canon de 75 supérieur au 77 mm allemand, qui heureusement, pouvait tirer en tir courbe avec la plaquette ronde appelée Malandrin placée sur l’ogive, canon qui a causé de sévères et inattendues pertes aux Allemands, l’artillerie française disposait du canon de 155 mm. Certaines batteries ne sont pas reliées par téléphone. Et notre dotation initiale est faible, avec seulement 156 000 obus.

Diapo 15 : Dépôt de munitions d’obus. 

Diapo 16 : La situation initiale des voies d’accès françaises.

Pour le ravitaillement des forces engagées, on ne notait que la présence d’une route de Bar-le-Duc à Verdun doublée d’une voie ferrée étroite le chemin de fer « le Meusien ». Heureusement que le général Herr, qui commandait la RFV (Région Fortifiée de Verdun), dès août 1915, avait fait élargir la route à 7 m permettant le passage à trois véhicules de front.

La voie ferrée de Verdun à Châlons est sous le feu de l’artillerie et sera coupée lors des premiers bombardements allemands.

La route nationale de Nancy à Verdun, le long de la Meuse, et la voie ferrée sont inutilisables de par la présence allemande dans le saillant de Saint-Mihiel.

Diapo 17 : Les forces françaises initiales au 20 février 1916.

Le général Herr ne disposait le 20 février qu’une dizaine de divisions : à l’ouest, la 29e DI (général Guyot de Salins) et la 67e DI (général Aimé) provenant du 7e CA du général Bazelaire, à partir de la Meuse vers l’est, les 72e, 51e et 14e DI du 30e CA du général Lebrun,

et plus à droite, le 2e corps d’armée du général Duchène. En 2e échelon, les 37e, 48e DI et la 34e brigade. Plus en arrière, Le 20e CA du général Balfourier est en train de débarquer à Bar-le-Duc et le 1er corps d’armée du général Guillaumat vers Épinal est prêt à être engagé.

La première phase, l’attaque initiale entre le 21 et le 25 février 1916

 

Diapo 18 : l’attaque frontale du 21 février.

L’attaque prévue le 10 février est sans cesse repoussée à cause du mauvais temps.

Le général de Castelnau, chef d’état-major du général de Joffre inspecte Verdun le 23 janvier 1916. Il se fait une opinion plus arrêtée de l’imminence de l’attaque. La ligne de front du 21 février matin est approximativement celle de septembre 1914. Il ordonne au 1er corps de rejoindre à son tour Bar-le-Duc. Le 20 février, le temps s’améliore. Un bombardement général, véritable orage d’acier, le « Trommelfeuer » commence le 21 février à 7 h 15 au nord de Verdun sur un front large de 12 km et de 4 km de profondeur, avec le maximum d’intensité à 15 h et prend fin à 16 h, (deux millions d’obus en deux jours).

Le général Passaga dans son PC au lac noir dans les Vosges écrit : « je perçois nettement par le sol de mon abri un roulement de tambour, ponctué de rapides coups de grosse caisse » : il est à 160 km de Verdun.

L’attaque des trois corps d’armée allemande démarre sur un terrain transformé en labour. Les « Sturmtruppen », troupes d’élite, ont pour mission de nettoyer à la grenade, au lance-flammes et à la mitrailleuse, ce qui éventuellement survit. En face, la 72e DI et la 51e DI vont supporter le choc. Ils vont tenir héroïquement pendant trois jours. La 72e DI perd 9 800 hommes, soit plus de la moitié de son effectif.

Les Allemands, stupéfaits, pensaient ne trouver en face que peu de monde, en avançant l’arme à la bretelle. Il n’en fut rien ! Nos poilus, malgré l’intensité du bombardement exceptionnel, se relevaient et infligeaient de substantielles pertes aux assaillants. Et les quelques canons de 75, encore disponibles font des ravages dans les rangs allemands : les Allemands sont surpris.

Ainsi à Haumont, les Allemands croyant le village sans défenseurs reçurent des coups de fusil. Stupéfaits de voir des hommes sortir du néant, ils sont momentanément stoppés. Du bois de Ville, à l’est du Bois des Caures, des hommes couverts de boue tiennent tête aux Allemands. Idem dans l’Herbebois et le Bois de Watrille mais le soir ces bois tombent.

Enfin, au niveau du Bois des Caures, la situation est délicate. Ce bois est défendu par 2 200 combattants des 56e et 59e bataillons de chasseurs du lieutenant-colonel Driant.

Député de Nancy, à 59 ans, il a tenu à reprendre du service et avait été affecté à la défense de Verdun. Gendre du général Boulanger, il était également connu comme écrivain (le Jules Verne militaire) sous le pseudonyme du capitaine Danrit : ses livres étaient souvent prémonitoires comme l’Invasion jaune, la Guerre fatale, etc. Les chasseurs de Driant, malgré 80 000 obus allemands qui tombent sur un carré de 500 m sur 1000 mètres, bravement repoussent les Allemands. Au soir du 21, la ligne de front s’est pourtant nettement déplacée vers le sud.

Diapo 19 : l’attaque du Bois des Caures du 22 février.

Le 22 février, après un nouveau bombardement, une violente attaque est menée sur trois côtés avec des fantassins qui utilisent des lance-flammes. 6 000 Allemands encerclent la demi-brigade de Driant. Le front, au soir du 22 février, a encore progressé. En deux journées, les Allemands n’ont cependant avancé que de trois kilomètres contrairement à leurs calculs.

Diapo 20 : Une tranchée occupée dans le bois des Caures,

Diapo 21 : Le Bois des Caures et la mort du lieutenant-colonel Driant.

Dans l’après-midi du 22 février, l’avance allemande est si nette que Driant, dans son PC R 2 (le dispositif du bois comportait 5 redoutes, celle de R 2 était la seule bétonnée) se voyant encerclé, ordonne le repli en formant quatre groupes. Devant son PC, il brûle tous les papiers, salue les blessés du poste de secours et finalement, fait le coup de feu avec un fusil et une caisse de grenades. Vers 16 h, les derniers défenseurs engagent une retraite cordonnée par bonds successifs. Il est tué, à 17 h, à 200 m au sud-ouest de son PC. Le sergent-fourrier Hacquin du 59e BCP assiste à ses derniers instants et avec son camarade Coisne le ramènent dans leur trou d’obus.

Diapo 22 : La défense du PC de la redoute R 2 dans le Bois de Caures.

Diapo 23 : Photos du lieutenant-colonel Driant et le Bois des Caures.

C’est une défense héroïque et exceptionnelle car il a fallu l’intervention de quatre régiments allemands pour en venir à bout des chasseurs de Driant… Moins de 200 hommes restent en vie dont la plupart seront fait prisonniers. En bas, à gauche, on devine les résultats des bombardements sur des arbres déchiquetés.

Diapo 24 : Photo de la redoute R 2 en 2016.

Diapo 25 : la ligne du front au 26 février au soir.

En trois jours, les Allemands sont à moins de 10 km de Verdun, pourtant ralentis par la défense héroïque du 30e CA qui a perdu plus de la moitié de l’effectif.

Le général de Bonneval commandant la 37e DI doit tenir sur la Côte de Talou, la côte du Poivre et Louvemont. Journée délicate car, craignant d’être encerclé, il décide, sans aucun ordre, de quitter Talou vers la crête de Froideterre. Cet ordre malheureux sera sévèrement jugé en haut lieu. Suite à cet incident fâcheux, contraire à sa décision de la veille, Joffre télégraphie « J’ai donné l’ordre hier, 24 février, de résister sur la rive droite. Tout chef qui, dans les circonstances actuelles, donnera un ordre de retraite, sera traduit devant un conseil de guerre. »

Les Allemands n’ayant heureusement rien vu, ne poussent pas en avant et se heurtent le lendemain 26 février à des éléments de la 39e DI envoyés en toute hâte pour réparer l’erreur de la 37e division. Au centre, la 153e DI vient relever la 51e DI éprouvée. Elle doit se rétablir sur la côte 378, la crête de Caurrières et le sud de Bezonvaux.La nouvelle ligne au soir du 26 février passe par Samogneux, Louvemont, le village de Douaumont et le sud de Bezonvaux. Le fort de Douaumont vient d’être pris. En cinq jours, on perd 25 000 hommes et 125 pièces d’artillerie. Le 20e CA, pré-alerté, sera engagé le 27 février et stoppera momentanément l’avancée allemande, sauvant Verdun du désastre.

Diapo 25 : Photo d’un transport de blessé à la crête de Froideterre.

Diapo 26 : Le fort de Douaumont.

Bien placé par rapport à Verdun, qui n’est qu’à huit kilomètres, on devine le bombardement que le fort a subi durant les quatre premiers jours. En février 1916, ce môle le plus puissant des forts de Verdun, à l’épaisseur de 2,50 m de béton, n’est gardé que par une cinquantaine de territoriaux et de quelques sapeurs. Le 25 février, poursuivant leur avance, par le Bois de Vauche, les Allemands avaient chargé la Division Brandebourd, un corps d’élite, de s’emparer de cette citadelle. Ce sont les combattants du 24e régiment brandebourgois qui les premiers, gravissent les pentes qui mènent au plateau de Douaumont, et en vue du fort, ne rencontrant aucune résistance, franchissent le fossé.

Diapo 27 :Photo du dortoir des soldats dans le fort de Douaumont.

Diapo 28 : Photo des Allemands à Douaumont.

Le lieutenant allemand Von Brandeis, suivi par le capitaine Haupt, commandant de compagnie au 24e Brandebourgeois s’étonne du silence comme si le fort n’était pas occupé, désobéit aux ordres, s’avance, coupe des barbelés et, suivi de sa compagnie entre facilement à l’intérieur, en faisant prisonniers les quelques hommes qui s’y trouvent. Il est dix-sept heures

Gros coup au moral pour le commandement français ! Les Allemands crient victoire et prétendent dans de nombreux articles que le fort surnommé le « Sargdeckel » ou « couvercle de cercueil », a été pris après un magnifique assaut. On va même jusqu’à faire sonner les cloches dans toute l’Allemagne. Quel mensonge ! Et le général Rouquerol, commandant la 15e DI, écrit : « L’abandon de cet ouvrage équivaut à la perte d’une centaine de mille hommes ». Pourtant, afin de ne pas démoraliser la population, le Haut commandement français, voulant masquer le camouflet, ment dans ses communiqués en sous-estimant la conquête allemande.

Le 2 mars, dans les ruines du village de Douaumont qui sera pris le 4 mars, le capitaine De Gaulle, commandant la 10e compagnie du 33e RI d’Arras est fait prisonnier.

Diapo 29 : Photo de la vue aérienne du fort de Douaumont.

Diapo 30 : l’arrivée du général Pétain.

Entre le 21 février au soir et le 25 février, la France toute entière a frissonné de peur. Heureusement que fixés à Douaumont, ne perçant plus sur la rive droite, les Allemands doivent modifier leur plan. En outre, quelque chose va changer avec l’arrivée soudaine du général Philippe Pétain. Celui-ci est prévenu de sa désignation à la tête du secteur de Verdun dès le 24 février au soir. Mais cela n’empêche pas ce célibataire appréciant les plaisirs de la chair, de décréter que la nuit du 24 au 25 février serait consacrée au repos du soldat. Son officier d’ordonnance a d’ailleurs eu un mal fou à le retrouver dans un hôtel proche de la gare du Nord, en compagnie de sa maîtresse Eugénie Hardon, afin de lui annoncer que Joffre vient de le nommer à Verdun. Pourtant, le 25 février à 8 h, Pétain se présente à Chantilly où le général Joffre lui résume la situation qu’il « qualifie de sérieuse mais de non alarmante ».

Diapo 31 : Pétain dans son bureau et photo du colonel de Barescut : Dans la foulée, Pétain rejoint son poste de commandement à Souilly, malgré la route verglacée, suivi de son état-major venant de Noailles et notamment du colonel de Barescut, son précieux et extrêmement compétent chef d’état-major, un chef d’état-major remarquable.

Malade, cloué au lit, Pétain prend rapidement ses premières mesures. Joffre lui avait dit : « Sauvez Verdun. Demandez ce qu’il vous faudra. On tâchera de vous le donner ». À 23 h, c’est le chef indiscuté qui téléphone à ses subordonnés ? : « C’est moi Pétain, je prends le commandement. Faites-le dire à vos troupes. Tenez ferme ! J’ai confiance en vous ! » Aussi, le 27 février à 0 h, la Région Fortifiée de Verdun est supprimée, remplacée par la 2e armée du général Pétain. Le général Herr commandant la RFV, relevé de ses fonctions reste adjoint de Pétain. Comme par enchantement, l’offensive allemande est stoppée.

Pétain a 60 ans. Commandant en 1900, il a enseigné à l’École supérieure de guerre. Il est critiqué par ses pairs qui n’approuvent pas ses idées nouvelles. Son avancement était plutôt lent. Il n’a jamais adhéré à l’offensive à outrance par la charge de l’infanterie et préconise déjà l’emploi des armes modernes : canons et mitrailleuses et attaque de l’infanterie seulement après une préparation minutieuse de l’artillerie. À la veille de la guerre, on refuse son accès au généralat. Quelques jours avant la mobilisation, il est cependant rappelé au commandement de la 4e brigade d’infanterie et se distingue dans les combats à la tête de la 6e DI en Belgique en août 1914. Général de division en avril 1915 (promotion soudainement accélérée), il est surtout soucieux du sang de ces hommes.

C’est un homme curieux. Taciturne, réfléchi, froid, c’est surtout un organisateur exceptionnel, clairvoyant, ayant le souci du moindre détail. D’accord avec le général de Castelnau (chef d’état-major de Joffre), il prévoit d’organiser la défense en profondeur en répartissant le front en quatre groupements de plusieurs divisions et en adoptant un système pratique de relève des unités. C’est réellement lui qui va éviter l’effondrement initial de Verdun et vénéré par les Anciens, son titre de « vainqueur de Verdun » ne le quittera plus.

Diapo 32 : Visite du président Poincaré au début de mars 1916.

Le 10 mars, accompagné de Joffre, le président Poincaré vient en inspection et demande au général Pétain de « tenir puis de contenir ». Entre temps, Pétain a continué à prendre d’autres importantes mesures. D’abord, il fait réfléchir son état-major sur une étude faite à la Kreigsakademie (l’équivalent de notre école supérieure de guerre) en 1912 d’un exercice allemand dont le thème était : une attaque sur Verdun.

Ensuite, principalement inquiet sur la possibilité de ravitailler une telle armée, Pétain décide d’améliorer tous les transports entre Verdun et Bar-le-Duc. Il se sert de la présence des forts comme points d’appui principaux. Il obtient un renforcement de l’artillerie et une semaine après son arrivée, il dispose déjà de 1 100 pièces.

Analysant le ralentissement réel de la progression allemande en rive droite, Il  anticipe sur une possible attaque allemande en rive gauche et y place un groupement de plusieurs divisions.

Au niveau de la relève des unités, il adopte le système suivant : les unité restent deux jours en première ligne puis vont en second ligne avant de prendre deux jours de repos plus en arrière. Mais devant l’insuffisance des effectifs, il est obligé d’augmenter le séjour en première ligne à trois jour et ainsi de suite. En face, les Allemands ne relèvent pas leurs troupes mais les complètent : s’ils ont ainsi une meilleure connaissance du terrain, en revanche, cela a un impact négatif sur le moral.

Enfin, si l’unité perd 50 % de de ses combattants, elle est systématiquement relevée. En principe, chaque grande unité ne reste qu’un mois. Ce système baptisé la « Noria » ou le « tourniquet » a contribué au futur succès français. Un calcul a été fait : sur les 104 divisions inscrites à l’ordre de bataille, moins d’une petite vingtaine n’est pas allée à Verdun : 43 DI sont restées une fois – 23 DI deux fois – 4 DI trois fois et même une DI est revenue six fois.

Dipo 33 : La suprématie aérienne :

Initialement étant allemande, avec 280 appareils répartis dans une trentaine d’escadrilles contre 70 aéronefs français seulement (quatre escadrilles dont une seule de chasse), le commandant Charles Tricornot de Rose, qui déjà en 1915, préconisait une aviation offensive, avec son escadrille Morane-Saulnier 12 reçoit l’ordre suivant de Pétain : « De Rose, nettoyez-moi le ciel, je suis aveugleÀ l’arrière comme à l’avant, tout le monde est à vos ordres pour que vous puissiez organiser votre affaire. Rien ne vous sera refusé, mais faites-vite ! Vous voyez de vos yeux la situation, si nous sommes chassés du ciel, Verdun sera perdu ».

Il mettra seulement deux mois pour affirmer sa supériorité dans le ciel de Verdun, avec 300 appareils en utilisant le nouvel appareil le BB Nieuport, ce qui oblige les Allemands à voler groupés. Il fait venir les meilleurs pilotes dont Guynemer et Navarre et crée des escadrilles de chasse qui volent en patrouille. Hélas, il ne verra pas son œuvre couronnée de succès disparaissant en juin 1916 au cours d’une démonstration aérienne.

Diapo 34 : L’ultime position de repli et le « triangle de feu ». Il a aussi compris que la ligne absolue à défendre, c’est celle dite de l’ultime ligne de repli jalonnée par la côte du Poivre, la crête de Froideterre, l’ouvrage de Thiaumont, Fleury et les forts de Souville et de Tavannes. Si les Allemands atteignent cette ligne, ils peuvent directement observer sur Verdun, tirer sur les ponts, etc. Verdun est alors perdu… Il ordonne au colonel Decourtils, commandant le génie de la 2e armée, dès le 27 février, d’entamer la valorisation de cette ligne par des travaux de fortification de campagne et il se voit affecté l’équivalent d’une division.

Et une des dernières mesures vise à concentrer l’artillerie allemandes, dans un triangle dit « de feu » comprenant le fort du Bois Bourru, le fort de la Marre, le fort de Vacherauville jusqu’à Charny et surtout en utilisant les précieux plans de feu établis en 1915 par le colonel Boischut de l’état-major de la RFV, qui avait eu tout le loisir de parcourir la région à cheval en notant toutes les possibilités de tir. Cette initiative qui a permis le déclenchement de tirs dévastateurs a également contribué aux échecs des attaques allemandes.

Diapo 35 : La voie sacrée.

En ce qui concerne le transport capital de Bar-le-Duc à Verdun, Pétain disposera très rapidement de la fameuse chaîne sans fin de la Voie sacrée ainsi nommée par Maurice Barrès en avril 1916. L’objectif est de transporter les vivres, les munitions, le matériel et les combattants à la montée et les troupes relevées, les blessés et les morts, à la descente. C’est incontestablement une réussite totale de l’organisation française. Un tour de force incroyable !

Le 29 février 1916, la commission régulatrice, prévue par le général Herr est adoptée par Pétain. Installée à Bar-le-Duc, elle est dirigée par le capitaine polytechnicien Doumenc de Grenoble. Avec près de 4 000 camions mis à sa disposition, il pouvait transporter 2 000 tonnes de munitions et une division soit quinze à vingt mille hommes par jour.

Le long de la voie, six cantons commandés par un officier (véritable super-gendarme) chargé de la discipline de la circulation avaient été créés, avec un système immédiat de dépannage et de réparation de la route. Fin février, un soudain dégel a détruit partiellement la route avec l’apparition d’ornières. Des carrières sur les côtés, ont été immédiatement utilisées par les territoriaux, qui réalimentaient la route à l’aide de cailloux mais qui coupaient les bandes de roulement. Des presses hydrauliques de bandages caoutchoutés installées dans les parcs automobiles ainsi que des machines fabricant les pièces de rechange travaillent jour et nuit.

Le moulin Brûlé : Le débarquement se faisait au lieu-dit le « Moulin brûlé » sur la commune de Nixeville-Blercourt, à 8 km au sud de Verdun, hors de portée des tirs d’artillerie.

La base d’armée de Regret. Ce point de débarquement est juste à côté du village de Regret qui, tout autour, est immédiatement organisé en base d’armée, véritable base logistique et de stationnement de troupes avant leur engagement sur le front.

Diapo 36 : Photo de la Voie Sacrée.

Ces photos montrent l’importance de la densité de véhicules sur la Voie Sacrée.

Diapo 37 : Photo suite de la Voie Sacrée.

Cela n’empêchait pas, s’il le fallait le déplacement à pied sur les côtés, côtés également empruntés par les attelages.

Diapo 38 : Les territoriaux entretenant la Voie Sacrée.

L’entretien de la Voie Sacrée est assuré par les territoriaux, c’est à dire les réservistes âgés de plus de 34 ans et même par des Vietnamiens ou des Algériens venus en renfort. La route doit être libre en permanence. Un véhicule en panne est aussitôt mis de côté puis dépanné par l’un des 30 véhicules dépanneurs répartis sur tout le trajet. Un véhicule passait toutes les 14 secondes, soit 250 véhicules par heure ; à certains moments, des véhicules passaient toutes les six secondes. Incontestablement, la Voie Sacrée a rempli totalement son office.

Au total 2 400 000 hommes et 2 000 000 tonnes de matériaux de tous genre et de vivres sont acheminés par la Voie Sacrée ou par la voie ferrée du Meusien sans oublier la nourriture comme la farine, l’eau et le pinard, le pain étant fait à l’intérieur de la citadelle de Verdun.

Diapo 39 : Tronçon en cours d’empierrement.

Diapo 40 : Les voies ferrées françaises.

Rappelons que le Meusien (quatre trains par heure) ne pouvait transporter que 800 tonnes par jour (principalement des vivres) et pouvait évacuer 500 blessés. Mais son trafic va augmenter passant de 1 500 tonnes/jour en mars à 2 650 tonnes/jour en juin et au retour, de 300 blessés en mars, on passe à 930 blessés en juin 1916.

En outre, une voie ferrée nouvelle décidée par l’état-major va être créée entre Nettancourt, Sommeilles et Dugny sur la Meuse, soit 57 km en partie achevée, en trois mois, le 21 juin et terminée le 25 septembre permettant l’arrivée d’obusiers sur rail de 400 mm. Afin d’accélérer sa construction, les travaux sont entamés simultanément aux deux extrémités. On va même prendre des rails sur la voie inutilisée de Verdun à Saint-Mihiel.

Ce système a fait merveille. Si les Français étaient considérés comme étant imprévoyants, les historiens sont sidérés par la qualité extrêmement minutieuse de cette organisation.

Diapo 41 : Photo d’un avion allemand Albatros larguant une bombe sur la vie ferrée.

 

 

La bataille aux ailes en mars et avril

Diapo42 : L’attaque sur les ailes au début de mars 1916.

Nous allons maintenant aborder la seconde phase, c’est-à-dire l’attaque allemande sur les ailes. Comme les Allemands se rendent compte que les attaques frontales sont inefficaces et ont occasionnées des pertes considérables non prévues, ils essaient d’attaquer en rive gauche.

Le 6 mars, deux DI allemandes attaquent entre Béthincourt et le Bois des Forges, l’objectif, on s’en doute, étant d’annihiler les positions d’artillerie du « Triangle de feu » entre le fort de la Marre et le fort du Bois Bourru.

Le 7, la côte de l’Oie est enlevée ainsi que le bois des Corbeaux, mais les Allemands se brisent sur le plateau dénudé du Mort-Homme et ses deux saillants célèbres : cote 275 et cote 295. Ces combats très durs déciment les divisions françaises. Au Bois des Corbeaux, le 1er régiment de zouaves et la 6e DI perdent plus de 80% des effectifs.

Le bois des Corbeaux qui avait été pris, perdu, repris est à nouveau reconquis le 8 mars. Le général Von Gallwitz qui commandait ce secteur commence à douter de la stratégie et écrit dans ses mémoires : « Nous ne prendrons Verdun qu’en 1920, au mieux. »

Finalement, le 10 mars, les assaillants enlèvent le Bois des Corbeaux mais n’atteignent pas la cote de l’Oie farouchement défendue.

Diapo 43 : Photo de troupes à l’arrière.

Diapo 44 : Inspection du général Joffre.

Lors de la visite présidentielle du 10 mars, Joffre inspecte le front, il précise : « Depuis trois semaines, vous subissez le plus formidable assaut que l’ennemi ait encore tenté contre nous. L’Allemagne escomptait le succès de cet effort qu’elle croyait irrésistible et auquel elle avait consacré ses meilleures troupes et sa plus puissante artillerie. Elle espérait que la prise de Verdun raffermirait le courage de ses alliés et convaincrait les pays neutres de la supériorité allemande. Elle avait compté sans nous ; Le pays a les yeux fixés sur vous. Vous serez ceux dont on dira : ils ont barré la route de Verdun » 

Entre le 11 mars et le 9 avril, une série d’attaques locales sans succès modifie peu le front en rive gauche qui ne bougera peu, malgré une attaque terrible sur la côte 304, le 20 mars.

Diapo 45 : Photos d’Avocourt. C’est au cours de cette période, que se déroule l’épisode du bois de Malancourt et du réduit du bois d’Avocourt, qui se termine par une victoire méconnue où s’est distingué le 157e RI, ce régiment ubayen et gapençais. Auparavant, signalons que le village d’Avocourt n’a jamais été pris mais a été complètement détruit sauf la fontaine dont la croix désormais se trouve au-dessus du monument aux morts actuel érigé après la guerre : on y devine l’intervention de Poincaré, sa belle demeure étant à 30 km à Sampigny, sur la Meuse, au sud de Saint-Mihiel.

Diapo 46 : La maison de Poincaré, volontairement bombardée dès 1914, photo provenant de l’album du soldat Doux de la famille d’Olivier Vaginay à Barcelonnette et la même maison en 2014, reconstruite, accueillant la Fondation Raymond Poincaré.

Diapo 47 : L’attaque du réduit du Bois d’Avocourt.

Le 20 mars, poursuivant l’attaque en rive gauche, des unités bavaroises enlèvent le bois de Malancourt.

Ce bois était défendu faiblement par le 111e RI d’Antibes et le 258e RI, régiment de réserve d’Avignon et les Allemands ont failli encercler le colonel Brümm, commandant la 57e brigade dont le PC se trouve au sud du bois de Malancourt.

Étonnement et stupeur au Grand Quartier Général ! Que s’est-il passé ? Le Lieutenant-colonel Géant, commandant le 258e est capturé avec 2 000 de ses hommes. Une enquête est ouverte. Pratiquement, c’est l’ensemble des combattants des deux régiments qui avaient fléchi. D’autres prétendent que ces fantassins ont été surpris par les attaques aux lance-flammes. Seul, le 2e bataillon du 3e RI de Digne de la 29e DI, présent depuis la mi-septembre de 1914, réussit à réoccuper une partie du bois.

Selon Joffre, dans ses mémoires, Pétain savait que le 111e RI n’avait pas bonne réputation, que son encadrement et la troupe laissaient à désirer. Il n’a pas voulu le retirer du front pour ne pas donner une prime à la lâcheté. Sanction immédiate : Joffre décide de supprimer le 258e RI dès le 4 avril 1916, décision extrêmement rare. Puis c’est au tour du 111e RI d’être dissous en juillet 1916, le seul régiment d’active supprimé, à ma connaissance, durant la guerre.

Cependant, le 29 mars, un des plus beaux faits d’armes hélas méconnu rétablit l’image ainsi écornée des troupes du sud : deux bataillons du 157e RI à l’ouest et le 210e RI à l’est, commandés par le colonel Malleray, chef de corps du 210e RI remplaçant le colonel Noyer du 157e RI blessé, reçoivent l’ordre de reprendre le réduit du bois d’Avocourt à partir du boyau N° 2 de la forêt du Bois de Hesse, du boyau d’Antibes et de celui de la Garoupe. À montrer.

Au cours de ce combat, le colonel Malleray du 210e RI d’Auxonne, est tué dans l’après-midi. Son fils, lieutenant au 157e RI, sera exceptionnellement autorisé à quitter sa compagnie afin de rendre un dernier hommage à son père. La légende veut que les Alpins, galvanisés car saisis de colère, ayant appris qu’une partie de la musique du 157e RI avait été atteinte par un tir d’artillerie, la veille au soir, voulaient absolument venger leurs camarades. Ce jour-là, le 157e RI perd trois officiers, 17 sous-officiers et 190 soldats, dont 8 Ubayens.

Diapo 48 : Photo du réduit du Bois d’Avocourt en 2010.

Diapo 49 : Témoignage de Claude-Louis Corti.

Mais suivons le déroulement de ce singulier combat décrit par Claude Corti du 157e RI, photographe à Lyon, âgé de 21 ans :

« 29 mars, 1 heure du matin. Debout ! J’ouvre les yeux et la terrible réalité m’apparaît. Nous allons partir à la mort, car nous savons que le combat sera dur. Le temps est froid, humide. Nous rajustons notre équipement, prenons nos munitions et sortons de notre hutte. Le bombardement a cessé. On fait 1’appel. Tout le monde est présent. En route !

… Obligés de sortir d’un boyau bouché par les explosions, on se heurte à des cadavres parfois enfouis jusqu’au ventre, troués par quelques obus ; d’autres cadavres plus anciens ont été tant de fois enterrés et déterrés par les éclatements, qu’on dirait des vêtements vides de poupées dont tout le son s’est répandu.

…Enfin, nous arrivons à la tranchée de départ creusée à cent mètres en avant des premières lignes. Il est 3 heures. Nous nous installons dans la boue et attendons.

… Nous avons froid. Le moment approche. 4 h 30. Le signal de départ vient d’être donné. Le jour pointe mais pas suffisamment pour distinguer les hommes.

Nous avons environ 400 mètres à parcourir avant d’arriver à la lisière du bois d’Avocourt. Nous faisons cent mètres au pas, puis nous nous couchons une seconde, nouveau bond de 100 mètres. »

Diapo 50 : Photo évacuation d’un blessé à Avocourt.

Diapo 51 : Suite du texte de Claude Corti :

« Une fusée rouge part des tranchées allemandes. Nous ont-ils aperçus ! Nous attendons anxieusement. Pourtant, rien ne bouge. Nous repartons et en courant, cette fois nous parvenons à la lisière du bois. Je suis à bout de souffle. En avant ! Crie notre commandant et nous voilà partis. Mais les Boches nous ont vus, les coups de fusil commencent à claquer et bientôt un barrage serré tombe sur nos unités. Nous courrons sous une voûte de fer, parmi les écroulements, cernés par des trombes de feu et de terre.

Bondissant ensuite de trous d’obus en trous d’obus, je suis bientôt forcer de m’arrêter ; les mitrailleuses boches tirent sur nous… Encore 3 minutes et leurs tranchées sont abordées. Les premiers arrivants s’écroulent en avant, frappés à mort, mais les Boches sont vite submergés. Des mitrailleurs résistent désespérément. Nous arrivons près d’eux, et un horrible corps à corps s’engage. Les fusils ne peuvent plus nous servir et c’est à l’aide de nos pelles bêches que nous frappons. On entend un bruit de casques défoncés et des hurlements de douleur. Je suis fou, je ne vois même plus le danger. Leurs mitrailleuses hors d’état sont jetées hors de la tranchée, et pendant que la 2e vague pousse l’attaque, nous parcourons la tranchée. À 8 h, le réduit d’Avocourt était entre nos mains et malgré sept contrattaques, nous restions maîtres de la position. »

Au soir du 29 mars, Pétain envoie un télégramme à l’EM du 157e RI : « Le 157e a fait plus que son devoir : le général lui envoie toutes ses félicitations ».

Diapo 52 : Photo d’un cadavre au Bois d’Avocourt. Cette photo à l’époque a été censurée. Impossible de chercher le cadavre sous peine de se faire tirer dessus.

Diapo 53 : Le message de Pétain du 9 avril : une nouvelle attaque allemande d’envergure est lancée sur les deux rives le 8 avril, mais elle échoue le 9 avril sauf sur les pentes nord-est du Mort-Homme. Pétain estime ce jour comme étant capital car il lui semble avoir enfin contenu les Allemands et il adresse son fameux ordre du jour :

 « Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armes. Les assauts furieux des soldats du Kronprinz ont été partout brisés : fantassins, artilleurs, sapeurs, aviateurs de la deuxième armée ont rivalisé d’héroïsme.

Honneur à tous ! Les Allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier.

Courage… On les aura ! Pétain. »                                                

Diapo 54 : Le remplacement de Pétain par le général Nivelle, le 30 avril 1916.

Hélas et ô surprise, décision critiquée par tous les poilus de Verdun, trois semaines après, Pétain est relevé de son commandement par le général Nivelle venant du commandement de la 3e armée. Pétain toujours prudent et économe avait constamment irrité Joffre en privilégiant une attitude plutôt défensive, limitant ainsi d’inutiles pertes humaines. Certains officiers l’ont même surnommé « La Pétoche ». Et il réclamait sans cesse troupes et artillerie que Joffre voulait mettre de côté en vue de l’offensive sur la Somme.

Comme mutation-promotion-sanction, on lui confie le commandement du groupe d’armées du centre c’est-à-dire les 2e, 3e, 4e et 5e armées à Bar-le-Duc mais il coiffe tout de même le commandement du secteur de Verdun.

Beau parleur et auréolé d’une vanité assez communicative, mais excellent artilleur, Nivelle est beaucoup plus optimiste et offensif, prêt à « mordre l’ennemi aux mollets » et envisage d’emblée la reconquête du fort de Douaumont.

Il est assisté du général Mangin, commandant la 5e DI, l’arrogance faite officier, formé aux guerres coloniales (opérations de Madagascar, Tunisie, Maroc et Congo). On sait que Mangin, qui a écrit un ouvrage retentissant « La Force Noire », préconisant l’utilisation massive de troupes coloniales en cas de guerre en Europe, montre un mépris souverain pour les pertes humaines.

Diapo 55 : La noria ou le « tourniquet » des unités.

Pour se faire une idée des moyens engagés entre mai et juin 1916, regardons ce schéma tiré des mémoires de Pétain.

On s’aperçoit que quatre corps d’armée montent au front et autant en redescendent. En deux mois, ce sont 68 régiments ou bataillons de chasseurs en rive gauche et 151 régiments ou BCP en rive droite. Deux tiers de l’armée française sont donc à Verdun entre mai et juin 1916 soit 66 divisions qui se relaient alors que l’on ne disposait que d’une centaine de divisions. À noter que durant ces mois, l’effectif rationnaire sera d’environ 400 000 hommes. Au fond, c’est cette présence massive de presque tous les poilus sur ce front qui va peu à peu populariser la bataille de Verdun auprès des familles françaises.

 

 

La bataille d’usure de mai à août 1916

Diapo 56 : La situation en mai. Étudions cette troisième phase de la bataille de Verdun, appelée la bataille d’usure car après 75 jours de combats indécis, l’ennemi n’est guère plus avancé qu’au 5e jour.

En rive gauche, il ne peut forcer, ni sur la cote 304 ni sur le Mort-Homme et en rive droite, il est contenu à Douaumont et échoue provisoirement devant le fort de Vaux. Il ne peut aborder la ligne de résistance la plus solide celle de Froideterre, Souville et Tavannes, la défense de cette ligne ayant été efficacement organisée par le génie. Enfin, en rive gauche, la cote 304 est conquise par les Allemands le 22 mai, mais le 23 on la reprend.

Diapo 57 :Photo d’un homme abattu en corvée de soupe.

Diapo 58 : Carte de Douaumont : l’attaque du fort de Douaumont. Le général Nivelle veut reprendre absolument le fort de Douaumont. Sur cette carte, on devine en bleu le dispositif des tranchées et des nombreux boyaux allemands à la date du 18 mai. Le 22 mai, L’attaque pourtant bien préparée par le général Mangin réussit de manière éphémère. Car de nombreuses réserves allemandes nous repoussent le lendemain. C’est un sanglant échec. Le 24 mai au soir, la 5e DI perd plus de 4 000 hommes. Mangin est alors surnommé le « boucher de Verdun ». Il faudra attendre quatre mois de plus pour reconquérir ce fort.

Enfin, fin mai, va débuter l’épisode glorieux des six jours de défense du fort de Vaux, héroïquement tenu par les hommes du commandant Raynal.

Diapo 59 : La perte du fort de Vaux.

La défense héroïque du fort de Vaux est un des plus beaux faits d’armes de cette bataille. Le commandant Raynal a 49 ans, officier de la Légion d’honneur, trois fois blessé : il s’est porté volontaire pour commander le fort : en effet, en 1915, le ministre de la guerre avait demandé que les officiers ne pouvant servir en première ligne puissent être nommés « commandants de forteresse ». Raynal n’est arrivé à son poste que le 24 mai.

Diapo 60 : Le commandant Raynal et le chien Quiqui.

Il a avec lui quatre pigeons, un épagneul breton surnommé « Quiqui » par son maître sapeur et, comme défenseurs, une compagnie du 142e RI de Mende, quelques sapeurs et artilleurs, une compagnie du 101e RI de Dreux.

Diapo 61 : Le 142e RI au fort de Vaux durant l’attaque du 2 juin.

Diapo 62 : Attaque du fort de Vaux.

Le 1er juin, l’attaque sur le fort commence par le nord après un bombardement intense qui broie une partie de la 6e DI positionnée tout autour du fort. Ayant atteint le ravin du Bazil, l’ennemi poursuit par le bois Fumin. Le village de Damloup perdu, l’ennemi s’avance dans le ravin de la Horgne. Le fort est donc attaqué par trois côtés, la situation est critique mais les hommes de Raynal résistent.

Diapo 63 : Carte postale du Fort de Vaux : cette carte est annotée par le lieutenant du génie Raoul Saunier qui écrit : « j’y étais… »

Diapo 64 : Photo de l’entrée bombardée du fort de Vaux.

Pilonné par du 210, 380 et 420, les Allemands s’emparent des coffres du nord et progressent sur les superstructures. Raynal n’a pas assez de nourriture et les estimations d’eau du réservoir sont erronées. Afin d’économiser vivres et eau, il ordonne aux contingents en excédent de s’évader du fort dans la nuit du 4 au 5 juin sous les ordres du lieutenant Buffet.

Diapo 65 : envoi du dernier pigeon.

Durant la journée du 4 juin, la situation devient très critique et à 11 h 30, Raynal fait partir son dernier pigeon, le pigeon Vaillant, matricule 787.15 qui bien qu’étant gazé, réussit à rejoindre Verdun avec ce message : « Nous tenons toujours mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner communication optique par Souville qui ne répond pas à mes appels. C’est mon dernier pigeon !      Raynal »

Le pigeon Vaillant sera décoré de la Croix de guerre avec la citation suivante : « Malgré les difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal, unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier et, fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier ». Empaillé, il est toujours conservé dans le dernier colombier militaire d’Europe au Mont-Valérien à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Diapo 66 : Carte postale du colombier de la citadelle de Verdun

Diapo 67 : La fin de la défense du fort de Vaux.

Le 6 juin, les renforts attendus n’arrivent pas à rejoindre et à dégager le fort. La défense y est toujours héroïque et on se bat dans les couloirs à la grenade, à la baïonnette, à la pelle-bêche.

L’assaillant bute sur le tir des mitrailleuses. Le 7 juin, les hommes étant à bout de force et tous assoiffés se rendent sous les honneurs des Allemands qui présentent les armes.

Forçant l’admiration de l’ennemi, le commandant Raynal, fait prisonnier, est reçu par le Kronprinz et reçoit un traitement de faveur : on lui donne même un sabre d’officier (son épée étant perdue) et on lui permet d’être accompagné par « Quiqui ».

Diapo 68 : Le fort de Vaux en 2016 avec la plaque du pigeon Vaillant.

Diapo 69 : Les attaques de fin juin et du début de juillet.

Durant ce mois de juin, les Allemands tentent toujours de progresser au centre.

Ainsi, le 23 juin, une des dernières attaques en masse, vise l’ouvrage de Thiaumont et le village de Fleury. Le 114e RI de Pérouges dans l’Ain et le 121e bataillon de chasseurs de Langres s’y sacrifient. La ligne de front n’a jamais été aussi proche de Verdun. La situation est même considérée comme étant grave. À Bar-le-Duc, conscient d’un nouveau péril, Pétain envisage, un instant, de mettre en œuvre le plan de repli en rive gauche élaboré en secret par le colonel Barescut dès le début de mars. Entre le 24 et le 27 juin, le général Mangin lance encore quatre contrattaques dans ce secteur sans aucun succès.

Un ultime et vain assaut, entre Souville et Fleury, est lancé par les Allemands le 11 juillet qui veulent absolument en finir à Verdun, car ils sont menacés sur la Somme. Ils atteignent la chapelle Sainte-Fine. L’attaque sur Souville est heureusement repoussée par des fantassins de la 130e DI, et notamment par la bravoure des 60 hommes restants de la 3e compagnie du 7e RI de Cahors. Le lieutenant Dupuy, seul officier rescapé de cette 3e compagnie, prenant le commandement du fort de Souville, réussit héroïquement à tenir la position. En stoppant l’attaque allemande à Souville, cette poignée d’hommes a sans doute sauvé Verdun !

Diapo 70 : Photo du bombardement sur le fort de Souville,  du 12 juillet 1916.

Diapo 71 : la Chapelle Sainte-Fine.

Un monument, situé au carrefour de la Chapelle Saint-Fine, juste au nord de Souville et érigé par les anciens de la 130e DI, symbolise cette extrême avancée allemande.

La bataille de la Somme a commencé : les Allemands ne peuvent plus fournir de renforts dans le secteur de Verdun, assiégé depuis plus de cinq mois. Verdun est sauvé !

Diapo 72 : Carte de l’extrême avancée allemande.

Rappelons la ligne au début de l’attaque du 21 février. La ligne cinq mois après, au 12 juillet 1916, les Allemands n’ayant progressé que de 8 km environ. Les Allemands n’ont jamais été aussi proches de Verdun distant seulement de 4 kilomètres à partir de Souville.

Diapo 73 : La pression sur le fort de Thiaumont.

La lutte va pourtant continuer jusqu’au milieu d’août, notamment dans le « Quadrilatère », formé par le fort de Douaumont englobant l’ouvrage de Thiaumont, le fort de Vaux, le village de Fleury et le fort de Souville, sans aucun doute, la zone la plus attaquée de toute la bataille de Verdun. Le village de Fleury perdu puis repris plus d’une quinzaine de fois sera définitivement reconquis le 18 août par le régiment d’infanterie colonial du Maroc. Du fait de la bataille de la Somme, le Kronprinz a reçu l’ordre, le 2 septembre, par le nouveau chef des armées, « le feldmarschall Hindenburg », remplaçant Falkenhayn disgracié le 28 août, d’adopter une stricte stratégie défensive et sa 5e armée est amputée de plusieurs divisions. C’est le début de la reconquête française.

Diapo 74 : Photo du pilonnage du secteur Thiaumont-Fleury.

Diapo 75 : La catastrophe du tunnel de Chavannes.

Dans la nuit du 4 au 5 septembre, deux explosions retentissent dans le tunnel de la voie ferrée de Tavannes, refuge et lieu d’hébergement. Un incendie se déclare au moment où des mules rentrent, portant des fusées. Celles-ci explosent ainsi que des bidons d’essence. Il faudra attendre une semaine jusqu’au 11 septembre pour dégager près de 500 soldats carbonisés.

Diapo 76 : L’offensive française du 24 octobre 1916.

À partir d’août 1916, Verdun devient peu à peu, une victoire française ! Le but est de reconstituer dans son intégrité, la ceinture des forts et si possible au-delà. C’est la reconquête.

Avec l’arrivée de 290 nouvelles pièces de campagne et plus de 300 pièces d’artillerie lourde dont le nouveau canon Schneider de 155 mm, le général Mangin, avec trois divisions veut d’abord reprendre Douaumont. De gauche à droite, le dispositif est le suivant :

la 38e DI du général Guyot de Salins) à l’ouest, la 133e DI de Passagua au centre et la 74e DI de Lardemelle à l’est.

La tactique a évolué. On progresse juste derrière des barrages roulants d’artillerie : les tirs d’artillerie sont déclenchés devant la troupe attaquante : celle-ci s’avançant, les tirs se reportent plus loin devant et si la troupe continue son élan, les tirs à nouveau sont prolongés.

Une préparation d’artillerie va débuter le 21 octobre. Le 23, un obus de 400 mm cause un incendie dans le fort de Douaumont, provoquant la fuite d’un grand nombre d’occupants allemands. Le 24 octobre à 11 h, par une brume opaque et après la fin du bombardement, l’attaque des trois divisions du général Mangin débute.

Les Français avancent jusqu’aux carrières d’Haudromont, ainsi qu’à l’ouvrage défensif et à la ferme de Thiaumont, l’étang de Vaux est atteint, 6 000 Allemands sont faits prisonniers le 24 octobre au soir et les troupes dépassent l’objectif d’environ un kilomètre.

Diapo 77 : Photo des carrières d’Haudromont.

Diapo 78 : Photos de l’attaque du 24 octobre.

Des photos de cette attaque du 24 octobre ont été prises. Le fort de Douaumont a été repris par deux bataillons du RICM, régiment d’infanterie coloniale du Maroc, dont des combattants entrent dans le fort vers 15 h et capturent la garnison allemande et des fantassins du 321e de ligne de Montluçon qui réussissent à planter le drapeau français sur les superstructures.

Diapo 79 : Reprise du fort de Vaux, le 2 novembre.

Encouragé par ce succès, le 26 octobre, Nivelle décide de reprendre le fort de Vaux. Deux divisions y sont engagées : la 63e DI renforcée de la 22e DI. Préparation habituelle dans la nuit du 1er novembre.

Le 2 novembre, vers 1 heure du matin, le lieutenant Diot, à la tête d’une patrouille du 298e RI de Roanne et des hommes du 118e RI de Quimper trouvent dans une gorge, un trou bouché par des sacs de terre. À coups de pioche, le trou est dégagé, les hommes s’y glissent et découvrent un fort sens dessus dessous, signe de la fuite précipitée des Allemands. Retentissement dans toute la France et profond soulagement.

En haut à gauche sur la photo, l’écrivain Henry Bordeaux qui servait, à ce moment-là à l’état-major de Verdun et à droite, le lieutenant Diot commandant la compagnie du 298e RI.

Diapo 80 : À l’intérieur du fort de Vaux.

Superbe clin d’œil d’Auvergnats et de Bretons à l’encontre du commandant Raynal.

Diapo 81 : L’offensive du 15 décembre 1916.

Depuis la victoire du 24 octobre, voulant poursuivre vers le nord, le général Mangin se préoccupe tout d’abord d’améliorer le ravitaillement du nouveau front. Afin d’être en position favorable, il fait construire 30 km de route pour les besoins de l’artillerie et installe 10 km de voies ferrées de 0, 60 mètres. Comme le terrain est toujours trop boueux, 6 000 madriers sont transportés à dos d’homme afin d’améliorer l’assise des voies d’accès. Le 5 décembre, tout est prêt.

Le but de cette attaque est de repousser définitivement les Allemands entre Louvemont à l’ouest et Bezonvaux à l’est. Le dispositif de départ par Mangin est le suivant : à l’ouest, la 126e DI du général Muteau, suivi de la 38e DI du général de Guyot de Salins et de la 37e DI du général de Garnier-Duplessis. Enfin, plus à l’est, 133e DI du général de Passagua bien connue sous le nom de la « Gauloise » mais ajoutons que le général Passagua se faisait appeler « Passe à gauche ». Le 15 décembre, après une nuit de bombardement, à 10 h, l’attaque est lancée. Elle réussit !

Diapo 82 : Photo section montant pour des travaux de terrassement.

Diapo 83 : Carte de l’offensive française du 15 décembre 1916.

Au moment où les Allemands invitent la France à lui demander la paix, l’offensive Mangin est couronnée de succès. Vacherauville, la côte du Poivre et Louvemont sont atteints en quelques minutes.

Les bois Albain, Chauffour, le ravin du Helly devant Douaumont sont plus longs à prendre. Le Bois de la Vauche est enlevé à la baïonnette. Les Chambrettes et Bezonvaux sont pris trois jours après. On a dépassé la ligne du 21 février 1916 : 11 000 Allemands sont faits prisonniers dont 300 officiers. On est désormais à plus de cinq km au nord de Souville.

Diapo 84 : Photo d’un ravitaillement au fort de Souville.

Diapo 85 : Le dégagement de la rive gauche.

Enfin, pendant la bataille du chemin des Dames d’avril à octobre 1917, Pétain, nommé commandant en chef des forces armées le 17 mai 1917, Nivelle étant mis en disgrâce, décide d’ébranler l’adversaire sur le front de Verdun. L’Allemand tenait encore les excellentes positions de la cote 304 et du Mort-Homme.

Quatre corps d’armée participent à cette offensive qui se traduit par un gain de quelques kilomètres et la nouvelle ligne de front, le 20 août au soir, atteint presque l’ancienne, conquise par les Allemands, le 6 mars 1916.

Enfin, mentionnons entre le 12 et le 16 septembre 1918, l’attaque franco-américaine qui, réussie, permettra de supprimer définitivement le saillant de Saint-Mihiel.

Diapo 86 : Le bilan de la bataille de Verdun.

En décembre 1916, soit 300 jours après le début de l’attaque, le bilan humain est terrible. Les pertes françaises et allemandes s’élèvent à plus de 700 000 hommes. Soit 378 377 pertes françaises (dont 9 000 officiers) répartis en 61 289 tués, 101 151 disparus et 216 337 blessés.

Du côté allemand, on déplore 337 000 pertes humaines dont 147 000 tués ou disparus et 190 000 blessés.

Diapo 87 : Graphique des pertes de la bataille de Verdun :

Ce graphique permet de se rendre compte que les pertes sont quasi identiques des deux côtés. Contrairement à ce que l’on pense, ce sont les tirs de l’artillerie qui ont causé le plus de dégâts et non les balles de fusils ou de mitrailleuses, soit 80 % des pertes.

30 millions d’obus allemands et 23 millions d’obus français sont tombés sur quelques dizaines de kilomètres carrés de front.

Deux autres chiffres peuvent frapper nos esprits : ce sont six obus et une tonne d’explosifs au m2 qui se sont abattus sur la terre de Verdun. La cote 304 a baissé de sept mètres de hauteur. La terre autour du fort de Douaumont a été bouleversée sur une épaisseur de 15 mètres.

Neuf villages ont été détruits et ces communes ont été déclarées « Mortes pour la France ».

Récemment, une étude comparative a été faite : on estime que les dégâts occasionnés par les obus équivalent à huit fois les dégâts occasionnés par la bombe d’Hiroshima.

Diapo 88 : Hommage du colonel du 112e RI à des anonymes.

Diapo 89 : Le bilan dans les Basses-Alpes et en Ubaye.

22 000 Bas-Alpins sont mobilisés. 44422 noms de poilus sont gravés sur les monuments aux morts dont 771 à Verdun.

En Ubaye, sur 506 Ubayens « morts pour la France » 32 tombent à Verdun.

La Bréole : Irénée Bosse – 157e RI – tombé à Avocourt le 29 3 1916. Joseph Michel – 157eRI – tombé à Brocourt en Argonne le 10 4 1916. Victor Tourre – 30e RI – tombé dans la  tranchée de Bourvaux le 16 7 1916. Camille Roche 140 RI – tombé au Bois du Chenois à Damploup le 15 8 1916.

Ubaye : Edouard Derbez – 1er RMZT – tué à Esnes le 20 4 1916.

Le Lauzet : Ange Vanderbrughe – 19e RA – tué à la crête de Froideterre le 23 6 1916.

Méolans : Jean-Baptiste Tron – 157e RI – tué à Avocourt le 30 3 1916. Clément Gilly – 134e RI – tué à Douaumont le 26 5 1916.

Diapo 90 : Bilan en Ubaye, suite :

Revel : Florimond Maurin – 157e RI de Fuveau , habitant Revel – tombé à Avocourt  le 29 3 1916. Alphonse Maurel – 162e RI – tombé au Mort-Homme le 20 5 1916.

Les Thuiles : Jacques Gilly – 201e RI – tué crête de Froideterre le 1 3 1916. Joseph Tron – 157e RI – tombé à Avocourt le 29 3 1916. Joseph Chabrand – 75e RI des Thuiles – tombé à Verdun le 11 4 1916.

Uvernet : Jacques Proal – 350e RI – tué devant Verdun le 29 5 1916.

Saint-Pons : Alfred Barles – 140e RI – tombé au fort de Vaux le 18 8 1916. Louis Ferdinand Olivier – 359e RI – tué le 25 6 1916, côte 321 à Verdun. Antoine Armieux – 63e BCP – tué à la redoute de Damloup le 25 6 1916. .Léon Couttololenc – 359e RI – tué à la redoute de Damloup le 27 6 1916

Diapo 1 : Bilan en Ubaye, suite :

Barcelonnette : Ernest Gastinel – 339 RI – tué à Avocourt le 22 6 1915. Marcel Tron 158e RI – tué le 31 3 1916 à Damloup. Jean-Paul Chauvet 163e RI – tombé à Avocourt le 8 4 1916. Antoine Albrand – 9e RZ – tué à Avocourt le 7 5 1916. Emile Faudon -14e RI – tué près de Verdun le 11 7 1916. Joseph Allemand- 201e RI tué à Douaumont le 9 3 1916.

Faucon : Marcel Manuel – RT marocain – tué à Louvemont le 15 12 1916.

Jausiers : Désiré Lions -114e RAL – tué dans le ravin de la Vauche le 21 2 1916. Théophile Michel – 157e RI –  tué à Avocourt le 29 3 1916. Gustave Remazeille 157e RI – tué à Avocourt le 29 3 1916. Jean-Baptiste Spitalier – 140e RI – tué à Eix le 6 5 1916

Saint-Paul : Marcel Caire – 157e RI – tué à Avocourt le 30 3 1916. Hilarion Spitalier 75e RI- prés de Fleury le 4 6 1916/

Larche : Antoine Chaix – 358e RI – tué à Verdun le 10 7 1916.

En conclusion

 

Diapo 92 : Conclusion : Une analyse personnelle sur la conduite des opérations.

Clic 1 : Les facteurs du succès français :

Incontestablement, c’est une victoire défensive purement française. On le doit à plusieurs raisons :

a L’excellente organisation du commandement français à chaque niveau sans interférence des états-majors sur le périmètre des niveaux supérieurs et inférieurs,

a La qualité des chefs et de la troupe : d’abord les chefs : Pétain de Février à mai 1916 et le couple Nivelle-Mangin de mai à décembre 1916, c’est à dire de « bons chefs, au bon moment, au bon endroit » et la force, la ténacité et le courage des Poilus qui défendaient ici la terre de France,

a L’aménagement parfait de la logistique avec la voie sacrée.

a L’évolution de la tactique, la domination de l’aviation française au bout de deux mois malgré des pertes inouïes et la suprématie de l’artillerie française vers septembre 1916 avec l’arrivée du nouveau canon 155 mm Schneider et du canon de 400 mm sur rail

a L’instauration du système de la Noria a alimenté le front en troupes fraîches,

a La modification de l’organisation des unités avec le remplacement de la 4e compagnie par une compagnie de mitrailleuses à 24 mitrailleuses au lieu des six pièces de février 1916 et l’évolution de l’armement avec l’arrivée de la grenade à fusil puis celle du fusil-mitrailleur Chauchat.

a Les raisons de l’échec allemand :

a La différence de conception entre les chefs allemands notamment sur le choix de l’attaque, Knobelsdorf voulant une attaque simultanée en rive gauche, et Von Falkenhayn voulant limiter l’attaque en rive droite.

aLa mauvaise organisation du commandement allemand et les états-majors intermédiaires trop loin du front. Et l’état-major du Kronprinz commande un secteur trop large de l’Argonne à la Suisse avec. Dans « les souvenirs du Kronprinz », il écrit que « dès la fin de février 1916, le commandement allemand a été dominé par le commandement français… »

aL’épuisement des hommes sur le terrain et de leurs chefs jamais relevés.

a Le fantassin allemand ne défendait pas ici son pays : il était en terre étrangère. Son moral laissait à désirer !

Diapo photo 93 : la relève montante. Verdun a été l’une des batailles les plus dures de la Grande Guerre et son extrême dureté a eu plus de retentissement dans le monde entier que la bataille de la Somme avec pourtant plus d’un million de morts.

Diapo photo 94 : Le ravitaillement pour Verdun.

L’opération de Verdun était en décembre 1916, un des plus graves échecs allemand, prémices de la future défaite de l’État allemand.

Diapo photo 95 : Embarquement dans un train sanitaire.

Le commandement allemand n’avait pas prévu cette offensive si longue et bien sûr si meurtrière. Malgré les moyens engagés et la perte de tant d’hommes, l’Allemagne n’en a tiré aucun avantage et n’avait pas imaginé que son armée allait se heurter à une inattendue et irrésistible résistance française, n’ayant jamais pu percer cette muraille de poitrines vivantes !

Diapo photo 96 : Poincaré à Verdun.

Verdun, c’est la victoire de la Nation au-delà de celle du poilu de première ligne. Le 13 septembre 1916, le président Poincaré venu à Verdun remettre les décorations conférées à la ville par les Alliés, disait :: « C’est devant les murs de Verdun que se sont brisées les suprêmes espérances de L’Allemagne impériale. C’est à Verdun qu’elle avait cherché à remporter un succès bruyant et théâtral : c’est à Verdun qu’avec une fermeté tranquille, la France lui a répondu : on ne passe pas ! Pendant des siècles, sur tous les points du globe, le nom de Verdun continuera de retentir comme une clameur de victoire et comme un cri de joie poussé par l’humanité délivrée ».

Diapo Photo 97 : Tranchée au Bois Chapitre.

Après la bataille, on fait la respectueuse différence entre « Ceux de Verdun » et les autres. Les anciens le disent souvent : « Qui n’a pas connu Verdun, n’a pas connu la guerre ». Le poilu a démontré un courage inouï et un instinct de survie hallucinant ! Mais cela n’a pas empêché l’émergence de mouvements de mauvaise humeur accentué par de flagrantes injustices.

Diapo Photo 98 : Photo Fiche d’Herduin et de Millant.

Ainsi, dans la nuit du 9 juin, 1916, les lieutenants Herduin et Millant du 347e RI, unité pourtant exemplaire, furent fusillés, car encerclés, s’étaient repliés avec leur section, sans ordre, sauvant ainsi d’une mort certaine la quarantaine de compagnons. Or pour le commandement, c’était clair : tout repli non ordonné était criminel.

Diapo 99 : Photo de Fusillés pour l’exemple. Sans jugement, ils furent sur le champ, condamnés à mort et le peloton d’exécution fut recruté parmi les hommes qu’ils sauvèrent.

Diapo photo 100 : Blessé dans la boue.

Les dernières attaques à partir d’octobre sont de plus en plus mal ressenties par la troupe. Désormais, quand on leur annonce qu’il va falloir bientôt attaquer, le fantassin rechigne en bêlant comme un mouton et cette manifestation de mécontentement gagne rapidement toutes les unités, Ces ombres décelables de la sourde colère des troupes pouvaient donner à réfléchir.

Diapo photo 101 : le long de la voie entre Verdun et Souville.

Le 5 novembre 1916, Poincaré revient à Verdun afin de remettre la plaque de Grand Officier de la Légion d’honneur à Mangin. Au village de Balleray, avant Regret, des soldats du 66e bataillon de chasseurs déambulant dans leur cantonnement durent se garer vivement. Ils reconnurent dans une voiture Poincaré et Nivelle. Si des exclamations fusèrent, ces soldats s’en revenant de Verdun crièrent : « Embusqués, Embusqués ». On les siffle et des pierres sont lancées. Le cortège passa très vite. En haut lieu, on taira l’incident. Les mutineries de 1917 étaient réellement en germe.

Diapo Photo 102 : le fort de Douaumont en… 2013. Et au-delà de ces légitimes moments de mauvaise humeur ou de révolte, comment ont-ils pu accepter cet environnement hostile, nauséabond ? Ces hommes ont vécu au milieu d’un terrain bouleversé, déchiqueté sans une once de végétation, dans un paysage lunaire impressionnant où, souvent à la fin des explosions, ils n’avaient plus de repères pour se guider. Arrêtons-nous, un instant sur cette photo d’une vue aérienne du fort de Douaumont. Eh Oui ! Photo prise en 2013, au profit de l’ONF, à l’aide d’un procédé technique de télédétection aérienne prise à une certaine longueur d’onde rendant transparente la couverture végétale, montrant alors le sol nu et de constater 100 ans après, que la terre de Verdun est restée en l’état.

Diapo photo 103 : Toilette du matin. Dans ces tranchées, ces hommes-là ont connu la soif, la faim, la boue, l’eau mêlée à de l’urine ou aux excréments, sujet encore tabou de nos jours, le froid, l’humidité, le manque d’hygiène, le manque de sommeil, les poux. Dans la boue des tranchées, ils ont touché le fond de la misère, car ce qu’ils ont vu et vécu là-bas, aucune bête n’aurait pu le supporter.

Diapo photo 104 : Le combattant reçoit un sou par rat tué.

Et les rats, autre ennemi quotidien, grignotant la nourriture ou encore le nez du dormeur.

Diapo photo 105 : Cadavre au Bois d’Avocourt.

Mais encore, 1’odeur de la mort, les odeurs de putréfaction difficilement respirables, la vue insoutenable des cadavres amis ou ennemis, le vacarme des tirs d’arti1lerie, 1’explosion des obus, la crainte des gaz, le sifflement des balles et surtout, la hantise de devoir escalader le parapet…

Diapo photo 106 : Corvée de soupe et de pinard aux Éparges.

Que ces poilus aient pu vivre cet enfer, nous parait incompréhensible et suscite notre admiration lorsqu’on se rend compte du sacrifice enduré. Ce respect et cet hommage qu’on leur doit, valait la peine, pour notre amicale, de leur consacrer un peu de notre temps…

Diapo photo 107 : Photo d’ossements.

C’est dans l’horreur de Verdun, horreur symbolisée par cette dure photo d’ossements de soldats inconnus, que le peuple français a exprimé sa grandeur morale et ainsi s’est retrouvé.

Diapo photo 108 : Tué en plein assaut.

Et la France trouve désormais dans le nom de Verdun, une parure d’un incomparable éclat, illustrée par cette célèbre photo, représentation symbolique de la bataille de Verdun. Verdun ne peut se perdre dans la nuit des temps !

Diapo photo 109 : Fin du diaporama.

La fascination de cette terrible bataille et victoire défensive française est encore d’actualité quand on constate la parution de nombreux ouvrages qui lui sont toujours consacrés, preuve de l’attachement de la population française envers la glorieuse épopée du poilu français dans l’enfer de Verdun.

 

Dernière Diapositive : Photo l’ossuaire de Douaumont : À Douaumont, dominant par sa majesté la Nécropole où plus de 16 000 poilus dorment en paix, comme une épée plantée à jamais, dans le sol blessé du cœur de la France, ce phare, qu’est l’ossuaire de Douaumont, nous rappelle éternellement qu’à Verdun « ils ne sont pas passés » ! C’était i1 y a un siècle !